C'est la colonne vertébrale du système. Tout le reste y pointe : l'agent
strategiste, la commande/palier, le moteurscripts/palier.py, et le choix des gestes qu'on te propose. Si tu ne lis qu'un fichier de cette base de connaissance, lis celui-ci.
Pourquoi une échelle, et pas un plan
Un plan suppose que tu sais où tu vas et que rien ne change. Une échelle suppose l'inverse : que la chose qui te bloque aujourd'hui n'est pas celle qui te bloquera dans deux mois, et qu'un conseil juste au mauvais moment est un conseil faux.
C'est le défaut qui rend inutile un conseil pourtant juste : le contenu est vrai — il est simplement servi hors de son palier. « Construis des systèmes » est un excellent conseil à 6 000 €/mois et une catastrophe à 0 €, parce qu'à 0 € construire un système procure exactement la même sensation que vendre, sans vendre.
⇒ Donc ce fichier ne te dit pas quoi faire. Il dit où tu es, ce qui te bloque là, et surtout ce qui t'est interdit tant que tu y es.
⭐ L'interdiction est le mécanisme, pas la discipline
Savoir qu'il faudrait prospecter plutôt que refaire son logo n'a jamais suffi à le faire — c'est même le contraire : un savoir qu'on n'applique pas rend l'évitement plus confortable, parce qu'on peut se dire qu'on a compris. Ce qui marche, c'est de retirer l'option : à chaque palier, une courte liste de choses légitimes, utiles, intelligentes — et interdites maintenant. Pas parce qu'elles sont mauvaises : parce qu'elles appartiennent à un palier que tu n'as pas atteint, et qu'elles se déguisent en travail.
Un agent qui te propose les actions du palier suivant ne t'aide pas. Il te donne une raison respectable de ne pas faire ce qui fait mal.
⭐ Le compteur appartient à ce que tu vends — et il se remet à zéro plus souvent qu'on ne croit
Ce qu'un palier compte — les contacts, les répétitions, le prix tenu, le procédé écrit — décrit une chose précise, vendue à des gens précis, par un chemin précis. Touche à l'un des trois et rien de ce qui est compté ne décrit plus ce que tu fais : tu ne perds pas ton travail, tu perds ton compteur.
Trois gestes le remettent à zéro, et seul le premier est évident :
- changer d'offre ou de cible — le compteur décrivait l'ancienne ;
- changer de canal — ce qui est compté (des contacts, un taux) a été produit ailleurs, et rien ne dit qu'il se reproduira ici ;
- ajouter une offre, un canal ou une activité — l'ancien compteur reste vrai pour l'ancienne, mais sur la nouvelle tu repars du palier où l'on apprend à refaire. Rien n'est perdu ; c'est simplement deux compteurs, dont un neuf.
C'est arithmétique, pas moral. Chaque section « Ce qui te fait redescendre » y renvoie plutôt que de le réexpliquer, et n'ajoute que ce que ça coûte là.
⇒ Deux conséquences pratiques : on ne change que pour une raison écrite, et jamais sur un refus isolé — un non n'est pas un échantillon.
⚠️ D'où viennent les chiffres de ce fichier (lis ce paragraphe, il évite un malentendu)
Les seuils ci-dessous (« 3 clients », « 20 % des leads », « deux mois consécutifs ») sont des décisions de conception, pas des résultats d'étude. Ils sont choisis pour une raison précise, énoncée à chaque fois. Le motif qui revient d'un seuil à l'autre : le plus petit nombre qui distingue la chance de la répétition — tu peux le vérifier en les lisant.
Ils ne prédisent rien, ils ne garantissent rien, et ce système ne promet aucun revenu.
Ce qu'ils font : rendre une sortie de palier vérifiable au lieu d'être une impression. « Je crois que je maîtrise la prospection » n'est pas une sortie. « 3 clients par le même canal » en est une, parce qu'on peut la contredire.
Même discipline pour les signes des cas, plus bas. Ceux qui citent un champ de 02_STATE/METRIQUES.yml sont mesurés : le moteur les voit, tu les affirmes. Les autres sont des choses que tu constates en relisant ton travail. Quand un signe porte la mention « Mesuré », un champ existe et le moteur le voit ; en l'absence de cette mention, considère que rien ne le compte — c'est toi qui regardes. Un signe présenté comme mesuré alors qu'il ne l'est pas fabrique une certitude que rien ne soutient.
Et méfie-toi d'un cas particulier : un champ peut être mesuré sans que sa durée le soit. METRIQUES.yml ne tient qu'une semaine à la fois — « il est à zéro » se lit dans le fichier, « il est à zéro depuis trois semaines » ne s'y lit pas. C'est toi qui tiens la durée.
Le tableau, en une page
| Palier | Tu y es si | La contrainte | Tu en sors quand | |
|---|---|---|---|---|
| P0 | Le sol | Pas d'offre claire, ou pas de compétence vendable | Tu ne sais pas ce que tu vends | Une phrase d'offre + un client nommé + un prix |
| P1 | Le premier oui | Offre existe, 0 client payant | Le volume de contact | 1 client qui a payé |
| P2 | La répétition | 1-2 clients, revenus irréguliers | Tu ne sais pas refaire ce qui a marché | 3 clients par le même canal |
| P3 | Le prix | ~1,5-3K/mois, agenda qui se remplit | Ton prix, pas ton volume | Vendu 2 fois au nouveau prix |
| P4 | La capacité | ~3-6K/mois, tu satures | Toi — tu es le goulot | Temps de livraison ÷2, ou 1ʳᵉ délégation |
| P5 | Le second canal | ~6-8K/mois, un seul canal | Fragilité : tout passe par une porte | 2ᵉ canal ≥ 20 % des leads |
| P6 | Les 10K | ~8-10K/mois | La prévisibilité | 2 mois consécutifs à 10K |
Le montant n'est jamais ce qui décide du palier — c'est un indice, pas une preuve.
Quelqu'un à 4 000 €/mois issus d'un client unique est en P2 (fragilité, pas de répétition), pas en P4. Le moteur (scripts/palier.py) tranche sur la structure des faits, pas sur le chiffre d'affaires seul.
P0 — Le sol
Tu y es si : tu n'as pas de phrase d'offre qui tienne debout, ou aucune compétence que quelqu'un paierait aujourd'hui.
La contrainte : tu ne sais pas ce que tu vends. Tout le reste est bloqué en amont — on ne prospecte pas une offre qu'on ne sait pas dire.
La métrique : aucune. C'est le seul palier sans chiffre, et c'est normal.
Ce que tu fais
- Choisis UNE compétence vendable. Le critère n'est pas « ce qui me plaît » mais quelqu'un paie-t-il déjà quelqu'un d'autre pour ça, cette semaine ? Si tu ne trouves pas d'exemple, ce n'est pas une compétence vendable — c'est un projet.
- Écris la phrase d'offre, puis fais-la diagnostiquer :
clarifier-une-offrene rédige rien, il te dit ce qui manque à un texte existant — donc il passe après ta première version, pas à sa place. Le test : elle nomme un métier, un problème et un résultat. « J'accompagne les gens à révéler leur potentiel » échoue. « Je refais le site des plombiers pour qu'ils captent les appels du soir » passe. - Nomme le client. Pas « les PME ». Un métier, une taille, une zone.
- Pose un prix. Le cadre :
01_KNOWLEDGE/03_STRATEGIE/reference/fixer_un_prix.md. Un prix faux se corrige au palier 3 ; l'absence de prix bloque tout de suite.
Les cas de ce palier
| Le cas | Le signe, dans les faits | Le geste qui change |
|---|---|---|
| Le couteau suisse | Tu peux citer trois choses que tu sais faire, et zéro phrase qui dit laquelle tu vends | Choisis UNE compétence, puis écris-la. faire-emerger-une-idee fait le tri ; choisir-son-modele-economique tranche par quel chemin elle rapporte. Le choix ne se rouvre pas avant le premier client |
| L'offre-slogan | Une phrase existe. Retire ton nom : n'importe qui d'autre pourrait la signer telle quelle | clarifier-une-offre — c'est exactement son terrain : il diagnostique un texte déjà écrit et nomme ce qui décrit une tâche au lieu d'un résultat. Puis nomme le client : choisir-sa-niche |
| La compétence sans acheteur | Tu ne trouves aucun exemple, cette semaine, de quelqu'un qui paie quelqu'un d'autre pour exactement ça | Garde la compétence, change l'objet : cherche la version voisine que des gens achètent déjà. valider-une-piste |
| Le prix manquant | Offre et client sont écrits ; c'est au moment du chiffre que la conversation s'arrête | Pose un chiffre que tu peux dire à voix haute — il vaut mieux qu'une fourchette qui dépendra de la tête du client. Aucun geste ne le pose à ta place ; le cadre est dans 01_KNOWLEDGE/03_STRATEGIE/reference/fixer_un_prix.md |
⛔ Interdit à ce palier
- Construire quoi que ce soit : site, logo, identité visuelle, automatisation, « système ». Tu n'as rien à emballer. Un site pour une offre inexistante est une façon élégante de ne pas choisir.
- Se former plus. Tu as déjà assez pour vendre la version 1 de quelque chose.
- Publier du contenu. Sur quoi ? Tu ne sais pas encore ce que tu fais.
Le piège de ce palier
L'optionnalité. Tant que tu n'as pas choisi, tu peux encore tout réussir. Choisir, c'est renoncer à sept vies possibles — et tant qu'on n'a rien tranché, aucune n'est perdue. C'est ce qui rend l'attente confortable, et c'est pour ça qu'elle ne se raconte jamais comme de l'attente : elle se raconte comme de la « recherche ». Le signal : trois semaines de « je compare des modèles » sans une seule phrase d'offre écrite.
Ce qui te fait redescendre
P0 est le sol : on n'en descend pas, on y retombe — et la retombée y est mécaniquement facile, parce que la sortie est faite de trois choses écrites qu'un seul changement d'avis efface.
- Tu changes d'offre, ou de client cible (règle du compteur, en tête de fichier). Ici elle coûte tout : le prix, les mots, les objections que tu commençais à connaître étaient attachés à l'ancienne. Une offre neuve est un P0 neuf.
- Tu attends que la phrase soit bonne. La sortie demande qu'elle soit écrite, pas qu'elle soit juste. Une phrase d'offre se corrige au contact ; seule dans un document, elle ne s'améliore pas.
- Un seul refus t'a convaincu que l'offre était mauvaise. Un non isolé n'est pas une donnée : il en faut assez pour que ça veuille dire quelque chose, et ce volume appartient au palier suivant. Retourner réécrire son offre après le premier non ramène au sol sans qu'on s'en aperçoive : on remplace du volume par de la retouche, et une retouche ne produit aucune information.
Sortie : une phrase d'offre + un client cible nommé + un prix, écrits dans 02_STATE/PROFIL.yml.